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Agir face au cyberharcèlement

Comment réagir face au harcèlement en ligne ? Que faire si l’on doit faire face à une déferlante d’injures ? Que faire face à une attaque furtive ?

Bienvenue dans la boîte 2, agir face au cyberharcèlement. Nous l’avons vu, les formes de harcèlement ou de violence rencontrées dans l’espace digital peuvent être nombreuses ( BOITE 1). De même, les impacts sur votre vie peuvent être multiples.

Il est donc peu réaliste de fournir une liste exhaustive adaptée à chaque situation. Mais, des premiers soins peuvent être prodigués. C’est l’objet de cette BOITE 2

La frontière entre le digital et le monde physique (beaucoup de femmes* ont pu le vivre), est ténue (on peut également l’appeler “espace phygital”). Il faut donc, dès que possible, envisager de porter plainte. Nous avons compilé toutes les informations, démarches et éléments nécessaires pour vous accompagner dans ce sens. (BOÎTE 3)

Sachez qu’une information essentielle sera requise par les services de police et que vous devez impérativement prendre en compte :

Conservez les messages et tout autre élément qui pourraient constituer une preuve devant les autorités avant de signaler, supprimer les contenus ou de bloquer les comptes. N’hésitez pas à demander à une personne de confiance de le faire pour vous.

Les premiers gestes

Évitez de répondre

Vous risqueriez d’ouvrir la voie à un acharnement de la part de votre agresseur, impliquant une surenchère dans ses attaques. Ne perdez pas de vue que tout ce que vous direz pourrait être instrumentalisé contre vous. Une réponse de votre part ira également renforcer la visibilité des contenus qui vous atteignent et c’est dans votre intérêt de l’éviter.

Demandez de l’aide

Si vous êtes seul·e ou que vous peinez à trouver une écoute bienveillante parmi vos proches, il existe des organismes et des intervenants prêts à vous épauler. Vous trouverez toutes les ressources nécessaires boîte 4

Gardez les preuves

Faites toujours des copies ou des captures d’écran des contenus que vous estimez illicites et abusifs. Pensez à sauvegarder tous ces éléments dans un lieu sécurisé (disque dur externe, sauvegarde cryptée en ligne…) Vous pourrez vous en servir si vous êtes amenée à constituer un dossier. Récolter des preuves peut demander énormément d’énergie. N’hésitez pas à demander à une personne de confiance de le faire pour vous.

Signalez aux plateformes

Signalez l’infraction aux plateformes sur lesquelles se déroulent les abus. Pour que le signalement fonctionne et soit effectivement pris en compte, n’hésitez pas à demander à un maximum de témoins de signaler également les contenus avec vous.

Ensuite…

En fonction de la situation, ripostez de manière spécifique, prenez soin de vous, organisez les preuves (traces numériques) et portez plainte (Boîte 3).

Ne restez pas seul·e !

Il est important de sortir de l’isolement, d’être entouré·e et conseillé·e. Vous n’êtes pas seul·e !

Vous êtes adulte ?

  • Parlez-en à une personne de confiance, amis, proches, collègues, parents,... Il existe aussi des organismes et des intervenants prêts à vous épauler.
  • Vous êtes une personne isolée ou vous vivez dans un contexte familial de violence, de dépendance ou d’emprise psychologique. Dans ce cas, nous avons recensé pour vous, en boîte 4, les ressources à votre disposition pour faire face au cyberharcèlement.

Vous êtes mineur·e ou souhaitez aider un mineur ?

  • Parlez-en directement à un adulte de confiance. Choisissez une personne qui vous sécurise: un·e de vos professeurs, parents, assistant social, centre PMS de votre école ou de votre commune, planning familial, etc.
  • Appelez le 116 000 - Child Focus En Belgique, Child Focus est joignable gratuitement au 116 000 pour les questions de sécurité en ligne destinées aux enfants, adolescents, parents et professionnels de l’éducation. Le site CYBERSQUAD Ce site peut accompagner les jeunes en répondant aux questions par chat principalement. L’application CYBERHELP. Child Focus a également mis en place plusieurs dispositifs pour aider les enseignants et parents à prévenir, déceler, sensibiliser et réagir face à des situation de cyber harcèlement. Il existe une application ( Cyber help ) pour des institutions de mineurs qui aide à lutter plus efficacement contre ce phénomène.

Vous êtes témoins de faits de harcèlement en ligne ?

Vous pouvez porter secours à la victime en lui proposant votre soutien et votre écoute bienveillante et en vous référant aux conseils recensés en boîte 7: Être un bon·ne allié·e

Quelques outils

Récolter : les captures d’écrans

Comme mentionné plus haut, faites toujours des captures d’écrans avant de bloquer ou de signaler les comptes et/ou les contenus indésirables car vous risquez de perdre définitivement de précieux éléments de preuve.

En bref: MAC: Maj (⇧) ,command (⌘), et 4 PC: Maj (⇧), Touche Windows et S Comment prendre une capture d'écran

Signaler

Pour signaler des messages, ou autres contenus indésirables, aux plateformes qui les hébergent, vous pouvez suivre les instructions disponibles via le manuel de défense contre le cyberharcèlement

Liens rapides de signalement: Twitter / Facebook / Whatsapp / Tiktok / Instagram / Twitch / Medium

Masquer et/ou supprimer des commentaires

Sur Facebook, une fonctionnalité vous permet de masquer certains commentaires au bas de vos publications. L’auteur n’en sera pas alerté et sera, lui, toujours disposé à les voir. Ces contenus seront cependant bien conservés mais inaccessibles aux autres utilisateurs.

Démasquer

Dans le cas d’attaques perpétrées par de très nombreux comptes, n’hésitez pas à questionner l’authenticité des comptes. En effet, lors de la création de faux comptes, il est fréquent qu’on laisse de nombreux indices qui peuvent permettre de remonter vers l’identité de la ou des personne, voire des organisations, dans certains cas, les ayant créés. Il existe de nombreuses techniques de repérage de faux comptes et d’identifications de leur(s) source(s). Elles font partie de la discipline : OSINT (Open Source INTelligence). Certaines associations s’y spécialisent ainsi que les services de police en ligne.

Cas particuliers

Après avoir suivi les premiers gestes de base (aka: évitez de répondre, ne restez pas seul·e, gardez les preuves, signalez aux plateformes…)

Nous l’avons vu, les formes de harcèlement ou de violences rencontrées dans l’espace digital peuvent être nombreuses, leur impact important et leur diffusion très large. Certains cas spécifiques nécessiteront des protocoles d’action bien précis, et parfois plus complexes. En effet, certaines victimes, en raison de leur situation, de leur statut ou de leur âge, devront faire l’objet d’un traitement plus particulier.

Personnalité publique: journaliste, femme politique ou autre figure médiatique.

Les femmes participant au débat public, exprimant librement leur opinion, ou notoirement identifiées comme féministes forment un groupe à risque très important en matière de cyberharcèlement et de cyberviolence. 88 % des féministes sur Twitter et 66% sur Facebook ont été victimes de harcèlement en ligne.

Il s’agit ici d’un cas spécifique en raison de l’effet de la médiatisation sur la diffusion des contenus agressifs. Une rumeur, ou campagne de dénigrement, bénéficiera en effet d’un plus large écho en fonction de la notoriété de la personne visée.

Si vous subissez les répercussions négatives d’une couverture médiatique, relative ou importante, renforçant le sentiment de détresse ressenti face à du cyberharcèlement, voici quelques conseils susceptibles de vous aider :

  • Évitez de répondre ponctuellement aux agressions afin d’éviter que vos propos soient isolés de leur contexte et instrumentalisés à vos dépens. Il est également important d’éviter une surexposition qui vous desservirait.
  • Après les premiers gestes de bases (captures, signalements aux plateformes), vous pouvez mettre sur pied un dispositif de veille ou de monitoring (externe). Demandez à une personne de confiance de prendre note des messages reçus ou qui circulent à votre sujet, de veiller à l’évolution des narratifs qui y sont accolés et d’en mesurer l’ampleur et l’impact mesuré (en utilisant votre propre compte ou non). Cela vous sera utile si vous décidez de porter plainte et/ou de riposter.
  • Si vous bénéficiez d’une audience soutenante : Essayer, à votre échelle, de fédérer une communauté de soutien disposée à porter votre parole et de témoigner en votre faveur. Vous pouvez par exemple lancer une contre-offensive (ce qu’on appelle une “riposte”) en demandant à des allié·e·s (des personnes que vous avez fédéré·e·s) de signaler des comptes problématiques, porter votre parole et de vous soutenir, en réponse.
  • En cas de crise médiatique forte : Vous pouvez publier un communiqué officiel, en utilisant de préférence le même canal que celui dont sont issues les attaques (par exemple, dans le cas d’une rumeur diffusée sur Instagram, utilisez cette même plateforme pour émettre votre message.)
  • Vous pouvez également envisager de contacter la presse, solliciter le concours de professionnels de l’information, si vous estimez que la situation vous échappe.

Cas de raids coordonnés via des faux comptes (Astroturfing)

Technique de harcèlement visant à coordonner des actions (création de faux comptes, achats de followers actifs, etc.) pour gonfler les volumes de propagation d’un message afin de faire croire à un engouement authentique. Cette méthode de pression est très souvent utilisée à des fins politiques ou polémiques. La pression exercée sur la personne ciblée est ainsi considérablement accrue par le soin apporté au réalisme et à la crédibilité du message véhiculé.

Pour identifier des contenus relevant d’astroturfing :

  • sur Twitter, rendez-vous ici.
  • sur Facebook, rendez-vous ici.

Vous pouvez décider de récolter les traces numériques laissées par vos harceleurs et constituer un dossier de plainte.

Cas de diffusion d’infos privées (Doxing)

La diffusion publique d’informations personnelles ou sensibles, est une tactique utilisée par les harceleurs en ligne afin d’intimider et d’affaiblir leurs cibles. En cas de situation de doxing protégez vous en utilisant ces conseils.

Cas de Revenge Porn

Si vous êtes victime de la diffusion non consentie d’images et d’enregistrements à caractère sexuel.

En Belgique, l’IEFH, l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes peut vous aider en vous informant à propos de vos droits, de vos obligations et de vos possibilités d’actions, en vous apportant son soutien et parfois en entreprenant des démarches judiciaires avec vous.

L’Institut a élaboré un manuel qui explique, étape par étape, comment procéder pour signaler vous-même des images auprès des plateformes afin de les faire supprimer. Le manuel explique également comment déposer plainte à la police, ainsi que les conséquences d’une plainte.

Contacter l’IEFH: 0800/12 800 - Le formulaire de signalement - Email: egalite.hommesfemmes@iefh.belgique.be - Le formulaire de contact

Si la victime est mineure, vous pouvez prendre contact avec Child Focus - Le numéro d’urgence gratuit 116 000 (24h/24) - Email: 116000@childfocus.org

Cas de phishing

Fraude à l’identité reposant sur la confiance et le crédit accordé à un organisme public ou privé pour en imiter les usages. Cette arnaque sert très souvent des fins lucratives en permettant l’accès à des informations personnelles ou bancaires. Le harcèlement découle du caractère répétitif et récurrent de cette technique.

Après les premiers gestes de bases ( captures, signalements aux plateformes,...) signalez à Safeonweb, suspect@safeonweb.be.

Cas de cyberviolences conjugales

Selon la Cour européenne des droits de l’Homme, des actes tels que surveiller, accéder à ou sauvegarder la correspondance du conjoint doivent être pris en compte par les autorités qui enquêtent sur des faits de violence domestique.

On peut identifier 5 formes de cyberviolences conjugales :

  • Le cybercontrôle (lecture des SMS, exigence que la partenaire soit joignable en permanence…).
  • Le cyberharcèlement (appels incessants et envahissants, injures, menaces de mort).
  • La cybersurveillance (contrôle continu des déplacements et agissements par exemple via un logiciel espion ou avec le GPS…).
  • Les cyberviolences sexuelles (diffusion ou menace de diffusion d’images)
  • Les cyberviolences économiques et administratives (comptes bancaires piratés)

Il est possible de vous protéger au mieux dans l’espace numérique.

Enfant, adolescent·e ou adulte sous tutelle

Certaines personnes, par exemple en fonction de leur âge, peuvent être particulièrement vulnérables et constituer par conséquence des proies particulièrement attrayantes pour les prédateurs du web. Il peut être difficile pour elles d’identifier des contextes de harcèlement ou d’adopter les bons réflexes pour y faire face.

Dès les premiers signes ou doutes quant à une situation de cyberharcèlement, tournez-vous directement vers un, ou plusieurs, adulte de confiance : parents, professeur, assistant social, etc.

Évitez de répondre aux messages et aux sollicitations de la part de votre agresseur. Il est important pour vous de vous protéger et d’empêcher toute tentative de manipulation.

Vous pouvez aussi contacter ChildFocus Le numéro d’urgence gratuit 116 000 (24h/24) Email: 116000@childfocus.org Site ClickSafe sur la sécurité en ligne Page Facebook ChildFocus

Les preuves et traces numériques

Lorsque vous vous sentez prêt·e, compilez l’ensemble des éléments susceptibles de prouver qu’il y a bien fraude ou intention de nuire. Conservez également tout indice pouvant mener à l’identité du/des auteur·s. Cet ensemble d’informations constitue ce que l’on appelle “les traces numériques”.

Dans un emplacement sécurisé, pensez à recenser et sauvegarder ce qui peut être considéré comme preuves numériques :

  • Les dates et heures des messages ou échanges litigieux,
  • La plateforme le réseau social, l’application ou le site internet utilisé,
  • Le type de document ou de support employé (Message privé, commentaire, contenu visuel, etc.),
  • Les éventuels liens URL (vous pouvez utiliser Archive.is pour conserver une adresse URL) Le nombre de messages,
  • La nature de l’incident en ligne (menace de nature sexuelle, attaque à caractère raciste, etc.),
  • Le nom ou pseudonyme utilisé par l’auteur ainsi que ses potentielles autres identités digitales (accompagnées des différentes photos le représentant, ou désignées comme telles.) Si vous êtes en mesure d’y avoir accès, notez également son adresse email, son numéro de téléphone, son adresse IP ou encore des indices permettant sa localisation. Tout élément relatif à son identité peut s’avérer déterminant pour confronter la personne à l’origine du harcèlement,
  • Les captures d’écran ou vidéos enregistrées,
  • Votre matériel informatique, vos identifiants et votre nom d’utilisateur,
  • Les autres agressions, verbales et/ou physiques, subies hors de l’espace numérique, liées aux faits relatés en ligne,
  • Toute éventuelle preuve de préjudice : certificat médical, bilan psychologique, ordonnance psychiatrique, ou tout autre témoignage de votre entourage, professionnel ou privé,
  • La fréquence des attaques, le type d’attaque, ou tout autre élément de contexte que vous jugerez pertinent de mentionner.

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